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Masson, Paris, 1983. COMMUNICATIONS, THME 11 489 Rev. fr. Mal. Resp., 1983, 11. 489-490. MORTALIT DES TRAVAILLEURS DU TALC EN FRANCE Etude pidmiologique rtrospective. P. Lophonte (1), F. Basset (1), J. P incemin (1), A. L ouis (2), P. Pern et(2), A. D elaude(I) (1) Clinique de Pheumo-Phtisiologie (Pr A. Delaude), Pavillon Turiaf, Hpital Purpan. F 31059 Tou louse Cedex, (2) Informatique, statistique et mthodologie pidmiologique, Htel-Dieu. F 31052 Toulouse Cedex. Le mot Talc dsigne trois produits distincts : un minral (c'est un silicate de magnsium hydrat, de structure lamellaire), une roche, composite, et un produit industriel, d 'une grande htrognit, qui n'a parfois de talc que le nom ! La majorit des ayteurs s'accorde sur l'action hautement pathogne des talcs riches en quartz et/ou eft amiantes. Ces talcs sont trs fibrognes et partagent le risque canc rigne des asbestes qui les contaminent [1], Les conclusions sont en revanche contra dictoires quant aux risques attribus d'autres varits de talcs dont le caractre commun est d'tre dpourvus d'amiantes et de ne contenir de quartz qu' l'tat de traces. Pour ne s'en tenir qu'aux seules tudes de mortalit, l'enqute italienne de Rubino [2] conclut l'absence de risque cancrigne; ce risque semble majeur a contrario dans l'enqute russe de Kastnelson [3]; l'enqute amricaine de Selevan [4] fait tat d'un excs de mortalit par maladies respiratoires non malignes et par cancer broncho-pulmonaire. Ce travail est une enqute rtrospective de mortalit portant sur la population des ouvriers de l'usine de traitement du talc franais de Luzenac, ayant quitt l'usine entre 1945 et 1981 aprs y avoir travaill durant au moins un an. Les talcs de Luzenac (Arige) assurent la totalit de la production franaise de talc, soit 8 % de la production mondiale. Le produit est constitu en majorit de talc associ des chlorites (9 58 %) et de petites quantits de dolomie. L'absence d'amiante est rgulirement contrle selon la norme du CTFA par la mthode J4-1. 11 y a de petites traces de pyrite (moins de 150 ppm). La prsence de quartz varie de 0,5 3 %; pour les particules au-dessous de 10 p, elle est constamment infrieure 0.5 %. 470 sujets ont quitt l'usine entre le 1" janvier 1945 et le 31 dcembre 1981 : 5 ont t perdus de vue; 256 sont vivants, 209 sont dcds. L'anamnse profession nelle complte et l'ge du dcs sont connus pour 204 : 192 ont travaill exclusive ment aux talcs de Luzenac, et 12 ont t exposs un risque silicogne ailleurs durant leur vie. L'ge; moyen de mortalit est de 69 ans, il est de 68 ans pour la population franaise entre 1945 et 1981 (anne mdiane : 1963); il est en revanche de 60 ans, parmi les ouvriers exposs un temps un risque silicogne (p = 0,001). Un diagnostic prcis de la cause du dcs, tay par le mdecin traitant ou l'aide de dossiers mdicaux hospitaliers, a pu tre tabli pour les 97 sujets ayant quitt l'usine entre 1970 et 1981. L'ge moyen de mortalit de ces sujets est de 71,5 ans contre 69 ans pour la population franaise et 73 ans pour la population arigeoise de rfrence (anne mdiane : 1975) (NS). L'ge moyen du dcs n'est pas significativement influenc par le score d'empoussirage durant la vie. Les 97 sujets ont t apparis individuellement avec un sujet ayant vcu dans la rgion, non expos au talc, mort au mme ge et dont la cause du dcs a pu tre tablie par le tmoignage, quelquefois du mdecin traitant, plus souvent de la famille. Dans les 2 populations, le tabagisme n'a pu tre prcis de manire valable rtrospectivement. Il n'y a pas de diffrence significative de la mortalit par cancer en gnral, par cancer broncho-pulmonaire ou digestif en particulier, entre les sujets exposs, les sujets tmoins et la population 490 CONGRS FRANAIS DE PNEUMOLOGIE, LILLE 9-11 JUIN 1983 ' franaise et arigeoise de rfrence. En revanche, la mortalit par maladies respira toires non cancreuses est significativement plus grande parmi les travailleurs du talc, essentiellement par broncho-pneumopathies chroniques obstructives et pneumoconiose. Les diffrences hautement significatives (p = 0,001) avec les populations franaise et arigeoise doivent tre pondres par le fait que la frquence des broncho-pneumo pathies est certainement sous-estime dans les statistiques franaises de mortalit; il en est de mme pour la population tmoin (p = 0,005), puisque le diagnostic rapport par la famille est gnralement celui formul en son temps par le mdecin qui a rdig le certificat de dcs. Il faudrait, en fait, prendre pour rfrence une population masculine industrielle. Dans une enqute transversale portant sur la patho logie respiratoire des ouvriers en activit dans l'usine, nous avions observ une pr valence de la bronchite chronique d'un ordre comparable celle observe dans d'autres industries de la rgion et une forte prvalence de pneumoconioses, corrle significativement la dure et l'intensit de l'empoussirage [5]. L'intensit et la dure de l'empoussirage longtemps trs au-del des normes l'usine font voquer un phnomne de surcharge non spcifique plus qu'une maladie imputable la nature intrinsque du minral. 1. K leinfelo M., M essite J.. Kooyman O., Zaki M. H. : Mortality among talc miners and millers in New York State. Arch. Environ. Health., 1967. 14, 663-667. 2. Rubino G. F.. Scansetti G., Piolatto G.. Romano C. A. : Mortality study of talc miners and millers. /. Occup. Med., 1976. 18, 186-193. 3. K atsnelson B. A.. Mokronosova K. A. : Non-fibrous mineraldusts and malignant tumors. An epidemiological study of mortality. J Occup. Med., 1979, 21, 15-20. 4. Selevan S. G.. D ement J. M.. Wagoner J. K... Froines J. R. : Mortality patterns among miners and millers of non asbestiform talc. Preliminary report. Dusts and disease Lemen (R.) and Dement fj. M.). ed.. Pathotox Pub.. 1979, 379-388. 5. Leophonte P.. Fernet P.. Rellier R,, Pincemin J., D elaude A. : Epidemiological study on chronic respiratory diseases among french talc millers. International conference on occupational lung disease. American college of chest physicians. Chicago 24-27 mars 1982, Raven Press (sous presse). O Masson, Paris. 1983. Rev. jr. Mai. Resp.. 1983. II, 490-491. TUDE SUR LE POUMON DE RAT DE L'ACTION TUMORIGNE DE POUSSIRES DE CHARBON J. C. M artin, H. D aniel, J. P. Henin, L. Le Bouffant CERCHAR. B P n" 2, F 60550 Vernetiil-en-Halaile. Le potentiel tumorigne des poussires de charbon a dj fait l'objet, au niveau exprimental, d'un certain nombre d'observations, soit que ces poussires aient t utilises seules, en association avec d'autres poussires comme le quartz [I] ou avec des polluants tels que la fume de cigarettes [2], Afin de mettre en vidence le rle propre des poussires, nous avons test : I poussire de mine (l'Aumance) contenant 17 % de quartz, et 3 charbons provenant du broyage de gaillettes (Gardanne, La Mure et Ostricourt), ayant une teneur en quartz < 0,5 %. L'empoussirage a t effectu chez le rat Wistar SPF dans des cages CERCHAR.