Document 8O33Jd1km8r6mKz6OGoXNY0bd
UrSiiitiiiiaiv^iii
U*" ^
PARIS, 22 MARS 1958
3e PARTIE : ASPECTS MgPICAUX
Quelques observations d'intoterances professionnelles a certains plastiques et essais de protection.
Par le GROUPE DtTUDES DE L'A.C.M.S.
Le Groupe des Mddecins de l'A.C.M.S. a commence 4 etudier les cas d'intolerances aux matidres plastiques. Le collationnement d'un certain nombre de cas pratiques, ce qui est notre seul but, peut dtre presents ici bien que cette dtude soil encore frag* mentaire.
II a dtd rduni 79 cas d'intolerance parmi un personnel de 350 personnes exposdes k divers plastiques. La proportion n'est done pas negligeable.
Pour des facilites d'exposition, la presentation de ces cas est partagee en 3 com munications.
Mais une remarque commune doit dtre signalde d'emblee : e'est la difficulte pour ne pas dire rimpossibilitd que rencontre presque toujours le medecin du Travail de connaltre la responsabilite de chacun des constituants de la matidre plastique : le produit n'est connu souvent que par son nom commercial, et il a mdme parfois dtd difficile d'en connaltre la famille. La nature des divers adjuvants est dgalement imprecise. Cette ignorance est d'ailleurs le plus souvent partagde par les techniciens des entreprises de transformation auxquelles nous avons affaire.
Cependant, nous avons pu reunir un certain nombre de cas se rapportant aux families des rdsines polyvinyliques, ethoxyliques et formophenoliques. Nous les citons ici en esperant que leur reunion avec d'autres observations sera utile k 1'etude des troubles provoquds par les matieres plastiques.
Quelques observations d'exposition et d'intolerance aux dEriv&s vinyliques et aux r&sines Ethoxyliques.
Par MM. Hervieux et Tessier.
(groupe d'Etudes de l'a.c.m.s.)
I. -- Dans la catdgorie des Polyvinyles (dont le type mime ne nous est souvent pas prdcisd), 145 personnes ont dtd observdes, et 17 cas d'intoldrance ont did retenus :
2 cas de (termites eczematifonnes a la suite de trnvaux ad pinceau (dtaleinent d'une couche de rdsine contenant du naphtenate de cobalt sur une enreasse de lainc de verre). A signaler que, en fin de journee de truvuil, les ouvriers se Invent les mains a 1'acdtone.
1 s'est plaint de troubles digestifs vagucs, mais le lubrillant entployd etait le stearate de plomb.
4 ont prdscntd des irritations des muqueuses nasales et des conjonctivites, mais la charge en cours de fabrication est constituce par de la laine de verre tissee.
10 se sont plaint de prurit des uvant-bras ct de la face survenunt l'dtd sans apparition d'element cutand macroscopique.
Done, dans plusieurs de ces 17 cas, existe un doute sur une action dventuelle d'un adjuvant, et les troubles provoquds par les polyvinyles ne semblent pas dtre des plus graves.
II. -- Beaucoup plus importants semblent dtre les cas d'intoldrance aux risines ethoxyliques.
BFG36081
09968t-2
- - > ^yW$$$: -;^/: ' '-!. * ,,*<
WournEe itEtudes des^mAtiEres plastiques
':'1' 'jUr'
'
En elTet, sur 37 personnes exposdes, 24 ont prdsentd des troubles :
Troubles digestifs : 2 cas, douleurs dpignstriques, doulcurs de la fosse ilioquc gnuche, vomissements & type de pituite. sensibility abdominale diffuse.
Vcrtiges. et troubles digestirs dgalemcnt, avec nausCes ct inappdtence, chez deux personnes utilisant de la peinture dpikote (rdsine epoxy + solvant).
Conjonctivites et dermites: 11 cas, parfois sdvfcrcs, ndeessitant In mutation ou l'abandon du postc.
Sans voulolr gdndraliser k partir de ces quelques observations, nous remarquerons cependant :
-- que les troubles digestifs vagues sont assez souvent signalds; -- par ailleurs que les irritations oculaires sont assez frequentes : elles prdeederaient souvent les troubles cutands. Dans les cas signalds, il n'a pas dtd trouvd d'autres explications par ailleurs (5 l'exception du solvant inddtermind de la peinture aux dpikotes, pour Iequel nous n'avons pas duplication, aucun element irritant n'apparait). La presomption de responsabilitd peut done dtre attribuee & ces rdsines elles-mdmes.
III. -- Dans les observations prdeddentes, nous avons sans diifdrenciation possible groupd les adjuvants et les polymdres sans vouloir accuser l'un ou 1'autre. Cependant, nous voudrions signaler quelques cas pour lesquels le rdle de l'adjuvant est peut-dtre prdponddrant.
a) Trois observations se rapportent au triithyllne titramine (durcisseur D 951) :
1 F... P..., ne en 1906. Manipulation en petites quantites, mais sans precaution particulidre d'aruldite et dc durcisseur 951, un eczdma aigu dcs avant-bras ct du visage apparnlt en 3 semnines obligcant a une mutation.
Gucrison spontanee rapide.
2 D... A..., nde en 1905. Rcmplace l'ouvricr precedent apres amenagement du postc par la captation dcs vapeurs lors du chaulTage dc l'araldite ct dc son durcisseur. 1c travail est bien supporte 6 mois. puis apparuissent quelques elements eczematiformes des avant-bras et de la region frontale. I'dtat s'aggmve, mais la fabrication sc termine et la gucrison survient progressivement, la fabrication est reprise 2 mois aprds la gucrison, ct au bout dc 1 mois de reprise dans les mdtncs conditions aucunc rdcidivc ne s'est manifestec.
3 P... A..., nde en 1919. Poussdc eczematiforme du visage durant 10 jours alors qu'clle etait employee a des montages prds de l'ctuve it araldite. Gudrison sans mutation aprds prise orale de *-Dehydro-Cortisone.
b) Deux observations se rapportent au diluant alcoolo-acelonique.
1 R... A..., nd en 1924. Eczdma dcs mains ct dcs avant-bras apres exposition it la eolle ara Iditc-aIcool-acdtone.
lipidermo-tests : petites escarrcs au trichlordthylenc. Forte reaction papulo-vdsiculeusc a la colic. Abandon du poste. Get incident nous a d'aillcurs entratnds ii ne plus pratiquer dc test cutand en milieu d'usinc.
2 P... L..., nd en 1895. Au bout dc 10 mois sc manifeste une dermatose hyperkeratosique et tissuraire dcs mains d'aspcct orthoergique.
Les produits manipulds sont le vernis araldite et son diluant alcoolo-acdtonique.
La mutation entruinc une gudrison nipide et stable, ntalgrd la manipuliition aprds cuisson d'objcts en chlorure de i>olyvinyle plasliflds en pbtalate d'oetyle ct dc decyle.
c) 1,'anhydrie phtalique ou durcisseur 910 R.P. semblc bien dtre en cause dans l'observation d'une irritation cutande (drythdme prurigineux) sur 4 personnes directemcnt en contact avec les aiguilles d'anhydride phtalique se ddgageant lors de la sortie des pieces dtuvdes.
A signaler 2 atteintes du fourreau de la verge aprds miction avec dcs mains souilIdes.
Gudrison rapide, sans suite.
d) Notons enfin, quelques incidents dfls probablement aux diphenyles chloris :
Malaise, anorexie, vomissement, dpigastralgies, cdphaldes, aslhdnie, dtourdissement. Le tableau persistant quelques jours et eddant sans sdquelles. II n'est pas question de conclure aprds une si breve dnuindration. Dans notre dtude, nous avons chcrchd k opposcr le nombre de personnes exposdes au nombre de personnes atteintes.
s
towsmz
BPG36082
a&tiifci
1:'*.>f- '>&v. -
PARIS, 22 MARS 1958
En Ce qui conceme notre exposC, si, sur 145 personnes travaillant en contact avec des rCsines vinyliques (en general) seulement 17 cas pathologiques (parfois discutables), ont 6t6 rencontres, nous sommes plus frappds par les 24 personnes ayant presents des troubles au travail en contact avec les rCsines dlhoxyliques, sur 37 per sonnes exposes.
Mais nous sommes un peu decourages, en ce qui nous conceme, par la difficult^ rencontree dans la determination de l'agent causal.
v--4
Quelques formes cliniques d 'intolerance aux resines phenol-formol.
Par MM. N. Pardon et P. V. Bompart.
(groupe d'etudes de l'a.c.m.s.)
Obtenues par condensation du phenol et du formol en presence d'un catalyseur acide ou alcalin, ces resines thermo-durcissables qui sont parmi les premieres connues, sont encore largement utilisees. Elies le sont surtout dans l'industrie, tantdt, diversement chargees et colorees, sous forme d'un plastique apprecie pour ses qualites phy siques et eiectriques, tantdt en solution alcoolique sous forme de colies et de vernis a usages divers.
Les incidents lies k l'emploi sont loin d'etre exceptionnels : ce sont eux que nous allons rapidement rapporter en insistant sur les donnees frequentielles, Ctiologiques et cliniques.
Notre groupe a recueilli des informations sur environ 175 postes qui sont & l'origine d'une quarantaine de cas cliniques. Le nombre d'ouvriers exposes excdde stirement 175 du fait du turn-over babituel, mais, inversement, il est possible que tous les cas cliniques n'aient pas dtd repertories. Cette frequence globale, voisine de 25 p. 100 est done sujette k caution, et, d'autre part, ne constituc qu'une approximation sommaire de situations diverses.
C'est ainsi que dans une entreprise on rel&ve 9 cas sur une centaine de sujets exposes, tandis qu'ailleurs, sur 26 personnes, 6 seulement ont ete exemptes de manifestations.
Ainsi done frequence et tableaux cliniques sont diversifies par les modalitis d'expo sition.
Nous en distinguons 4 types :
1 Exposition aux vapeurs.
C'est le cas du inoulage sur lequel nous n'avons pas recueilli de renseignements personnels et du sejour pres des surfaces d'evaporation des colies et vernis.
Les troubles observes sont polymorphes :
Irrilatifa : aflectant les yeux et les voies respiratoires supdrieures ; ils sont maxima l'hiver k cause de l'occlusion des fendtres.
Digestifs : tantdt it type d'anorexie, nausdes, vomissements. avec parfois une note ebrieuse.
Tantdt on a cru remarquer au contraire une certaine boulimie.
Respiratoires : dans ces conditions d'exposition, nous avons observe 2 cas d'asthme professionnel certain, dont l'un vierge de tout aneddent de cet ordre.
A quel constituant faut-il attribuer ces manifestations ? C'est ce que nous ne saurions dire. Toutefois, il a sembld it l'un d'entre nous que les troubles dtaient minords quand le solvant n'dtait reprdsentd que par le mono-dthyldne-glycol, it l'exclusion d'alcool dthylique ou methylique.
La concentration en vapeurs est fonctlon de la qualitd de la polymerisation, de la surface d'evaporation, du volume de l'air et de son brassage, de la temperature qui, dlevde, intervient aussl pour son propre compte k titre de nuisance.
BFG36083
. ...
*-jS**l